Virucide ou bactéricide : quel est le meilleur choix pour lutter contre la Covid-19 ?
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Virucide ou bactéricide : quel est le meilleur choix pour lutter contre la Covid-19 ?

La pandémie de coronavirus lance un défi aux professionnels : comment continuer à fonctionner (à peu près) normalement tout en limitant au maximum la propagation du virus ? Les gestes barrières sont essentiels, mais ne suffisent pas à garantir la sécurité des collaborateurs et du grand public. Il est indispensable de compléter ces mesures par une élimination physique soigneuse des micro-organismes responsables de la maladie, en désinfectant les surfaces inertes. Reste à savoir quel produit est le plus efficace : virucide ou bactéricide ? JPG vous propose un guide pratique pour faire le bon choix et appliquer correctement les mesures anti-Covid.

La désinfection et l’aseptisation

Commençons par quelques définitions. Le processus de désinfection a pour but d’éliminer les micro-organismes et/ou d’inactiver le virus sur les surfaces inertes (sol, mobilier, objets…). Cette opération permet de supprimer jusqu’à 99 % des germes, contre 80 % pour le nettoyage et 90 % pour l’assainissement. Le 100 %, atteignable uniquement à travers la stérilisation, n’est pas pertinent dans la plupart des cas : la désinfection suffit à réduire le nombre de germes de façon à stopper le risque de contamination.

Le processus d’aseptisation s’applique à la désinfection des tissus vivants : peau, muqueuses et plaies. Les produits concernés sont à usage externe – préventif ou curatif. Dans le cas du coronavirus, ce résultat peut être atteint par le lavage consciencieux des mains à l’eau et au savon, ou par l’utilisation d’un gel hydroalcoolique adapté.

Dans les deux cas, on utilise des « biocides ». Un produit de ce type peut être virucide ou bactéricide, en fonction de la cible visée par l’action chimique. Il est donc essentiel de bien choisir ses produits désinfectants pour qu’ils soient efficaces dans la lutte contre les germes, et particulièrement, aujourd’hui, contre le coronavirus.

Virucide ou bactéricide : les normes et les usages

Tous les produits désinfectants ne servent pas le même objectif :

  • Un produit virucide est conçu pour éliminer les virus, responsables de maladies comme la Covid-19.
  • Un produit bactéricide permet de tuer les bactéries pathogènes, responsables d’infections.

Il en existe d’autres : les produits fongicides qui agissent contre les champignons, les produits sporicides qui éliminent les spores bactériennes, ou les virucides généraux qui détruisent les « virus non enveloppés » (plus robustes et difficiles à inactiver).

Ces appellations ne sont pas hasardeuses. Pour qu’un produit soit caractérisé comme « virucide » ou « bactéricide », il a dû passer par des tests standardisés. L’activité biocide des produits est définie par un certain nombre de normes européennes qui indiquent à la fois leur efficacité dans des conditions favorables (normes de base) et dans des conditions qui se rapprochent de celles d’une utilisation réelle (normes d’application).

Pour les désinfectants qui nous intéressent :

  • Un produit virucide est défini par la norme EN 14476. Son application dans les domaines de l’industrie, des collectivités et du grand public est régie par la norme EN 13610.
  • Un produit bactéricide est défini par la norme EN 1040. Son application dans le domaine de la médecine humaine est régie par la norme EN 1499. (Pour en savoir plus au sujet des normes, consultez cette page.)

Ces normes sont comme des « examens de passage » pour les désinfectants. Elles permettent aux utilisateurs de faire le bon choix de produit. En effet, un désinfectant, pour être efficace, doit avoir un spectre d’activité conforme aux objectifs : un virucide pour lutter contre les virus ou un bactéricide pour lutter contre les bactéries ; un effet prolongé ; une absence d’effet négatif sur les surfaces désinfectées ; une non-toxicité assurée pour les collaborateurs et le grand public ; etc.

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L’utilisation du bon produit contre le coronavirus

Pour choisir le bon produit (virucide ou bactéricide), il faut comprendre que le SARS-CoV-2 est un virus enveloppé. Il se transmet d’une personne à l’autre « par le biais de gouttelettes respiratoires expulsées par le nez ou par la bouche lorsqu’une personne malade tousse, éternue ou parle » (site de l’OMS). Le virus restant actif jusqu’à plusieurs jours sur les surfaces inertes, une personne peut être contaminée en touchant une surface où des gouttelettes se sont déposées, puis en portant la main à ses yeux, son nez ou sa bouche.

Cela signifie deux choses importantes :

  • Le SARS-CoV-2 étant un virus, il ne peut être éliminé qu’à l’aide d’un produit virucide. Les solutions bactéricides ne sont d’aucune utilité. Le produit choisi doit mentionner la norme EN 14476, une indication démontrant que son efficacité a été testée selon cette norme (« virucide » ou « élimine les virus »), ou afficher une concentration en alcool allant de 60 à 70 %.
  • La désinfection des surfaces inertes doit suivre un protocole rigoureux. Ce sera l’objet du point suivant.

Les bonnes pratiques pour désinfecter à l’aide d’un produit virucide

  • Outre le lavage régulier et soigneux des mains, la lutte contre le coronavirus passe par la désinfection des surfaces inertes dans les bureaux et les locaux professionnels à l’aide d’une solution virucide. Voici quelques bonnes pratiques à appliquer :
  • Ciblez les surfaces les plus touchées par les mains, qui jouent un rôle majeur dans la transmission du virus (poignées de portes, boutons d’ascenseur, rampes d’escalier, interrupteurs, robinets, téléphones, claviers d’ordinateur…).
  • Suivez rigoureusement les instructions portées sur le produit virucide choisi (dilution, temps de pause, conditions d’utilisation…).
  • Aérez les locaux afin d’assurer une bonne ventilation.
  • Nettoyez avec soin les surfaces et matériels sensibles, comme les téléphones portables ou les tablettes, en utilisant une solution à base d’alcool (gel hydroalcoolique, alcool sanitaire…) et une lingette microfibre.

Bien sûr, tout dépend aussi de votre secteur d’activité. N’hésitez pas à vous renseigner auprès du ministère de la Santé pour obtenir des informations plus précises.